Dandysme au féminin

   Je suis une femme du XXIème.

 

Ma quête d’identité, l’instabilité, le brouillage des valeurs et la frénésie de consommation outrancière de mon époque m’ont conduite à un certain  désenchantement. Je m’impose un code. Une esthétique de l’âme et de l’esprit. Ne pas fuir le réel, le supporter.  Je suis un individu qui tend  à la recherche de l'intelligence et de la beauté.

 

Me proclamer Dandy relève d’un anachronisme et d’une bizarrerie.
Je ne suis pas un homme français ou anglais du XIXème siècle. 

 

Dandy… Dandysme… Je m’informe, je lis, je surfe, j’essaie de comprendre. J’adore.

 

Prétexte de marchandisation, réduit au cadre esthétique. Beaucoup de noir et blanc

Pré carré d’hommes réactionnaires et nostalgiques . Encore du noir et blanc.

Philosophie fondée sur les pensées de Sören Kierkegaard et Friedrich Nietzsche.
Erudite, pointue et ennuyeuse. J’ai mes limites.

Exclue par le fric, exclue par le sexe et l’inertie, exclue par la difficulté de la théorie.
Je ne m'en laisse pas conter, je ne m'en laisse pas dire, je ne me laisse pas faire.

 

Carré, pointe, noir et blanc. Besoin de courbes, d’arabesques et de couleurs.  Je rends visite au raffiné arabo-musulman éclairé, nourri aux beautés de la Chine à l’Espagne. Les rouleaux de soie, le délié de la calligraphie,  le rouge du fez et le parfum de la rose de Damas.

 

Tout est géométrie et chromatisme.

 

Sensible à l’hédonisme et au goût de l’absolu d’Oscar Wilde, le romantisme de Charles Baudelaire me parle. J’aime l’ambition de culture et d’humanisme du raffiné de la culture arabe classique décrite par Malek Chebel. Un souci de recherche de l'originalité et de l'authenticité personnelles. Une quête d'excellence et de perfectionnement. Un humanisme total, à travers la volonté de respect de la dignité et de la liberté de la personne humaine.

 

Tout est politique et spirituel.

 

 L’idée de dandysme est complexe. Elle  n’a pas de définition définitive. Elle permet
une multiplicité de points de vue et d’individualités, j’y trouve ma singularité.
Je m’introduis dans ce flou conceptuel, évoque un dandysme au féminin.

 

Un dandysme féminin possible, de mon époque, de mon pays. 

Femme  libre et reconnaissante, je dispose de mon corps et de mon esprit. Consciente du chemin et des combats, je remercie Marguerite Durand,  Simone Veil et Gisèle Halimi pour leur courage immense et leur détermination sans faille. 

 

Un dandysme féminin possible, un chemin esthétisé. 

Par Chanel, en reine, singulière, intellectuelle et autonome. Par Dior, en princesse,  objet de désir, dans la complémentarité. Par Saint Laurent, en séductrice,  plurielle, synthèse des féminités. Et puis Gaultier, en androgyne, métisse, sans limite.

 

Jean-Paul Gaultier, mon préféré…

 

 

 


 

 

 

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